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Jean Benoit-Lévy
 

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Hommage par Charles Delac

Le bulletin du Conseil international du cinéma et de la télévision devait être présenté aux lecteurs par son Délégué général, Jean Benoit-Lévy. La mort en a décidé autrement. Ce premier numéro qui est son œuvre ne portera pas sa signature, mais toutes les idées qu'il va propager sont de lui. Malheureusement il y manquera le principal : son souffle animateur.

 

Dans ce bulletin, Jean Benoit-Lévy désirait surtout exposer le but qu'il s'était assigné lorsqu'il envisageait la création de notre Conseil, car si le Conseil international du cinéma et de la télévision existe aujourd'hui, si seulement après quelques mois de fonctionnement il a soulevé dans bien des milieux intéressés de grandes espérances, c'est en très grande partie à Jean Benoit-Lévy qu'on le doit.

 

Sa grande expérience acquise pendant tant d'années au service de l'ONU, sa parfaite connaissance de tous les milieux de l'UNESCO, sa compétence dans toutes les grandes questions intéressant le cinéma international avaient préparé Jean Benoit-Lévy à la dernière tâche à laquelle il s'était donné entièrement. Par l'intermédiaire du CICT, il entendait réunir dans une harmonie constructive professionnels et théoriciens du cinéma et de la télévision pour l'épanouissement total de ces deux éléments issus l'un de l'autre, afin qu'industrie et culture qui ne sont pas, quoiqu'on en pense, tellement séparées l'une de l'autre, se complètent dans le rôle essentiel du cinéma et de la télévision, et pour renforcer la fraternisation du monde par une meilleure compréhension de la vie de chacun.

 

En écrivant ces quelques lignes, tout un long passé jaillit du fond de ma mémoire. J'ai connu Jean Benoit-Lévy lorsqu'il n'avait pas encore vingt ans. Déjà la cinéma l'émerveillait. Il passait toutes ses heures de liberté dans la salle Omnia, fondée par son oncle Edmond Benoit-Lévy dont il faudra un jour dire le rôle prédominant qu'il a exercé à la naissance du cinéma auprès de Pathé et de Gaumont.

 

Dès son retour de la guerre de 1914 qu'il a accomplie vaillamment, Jean Benoit-Lévy rentre dans la carrière. Je ne reprendrai pas ici l'exposé de sa vie cinématographique qu'on lira dans ce bulletin. Je veux me borner à souligner son extraordinaire conscience professionnelle. Je veux aussi dire l'ami très sûr qu'il était.

 

Dur pour lui-même, jamais satisfait de son œuvre, idéaliste au-delà de toute expression, absolument désintéressé, il ne comprenait pas que les autres ne possèdent pas ces qualités qu'il considérait, quant à lui, comme tout à fait naturelles.

 

Le cinéma perd en lui un grand serviteur, ses amis n'oublieront jamais sa tendresse bourrue et la sincérité profonde de son dévouement.



Juste hommage par Emile Roux-Parassac in Le Cinéopse, août 1934
Hommage par Charles Dulac
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