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Jean Benoit-Lévy
 

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Juste hommage par Emile Roux-Parassac in Le Cinéopse, août 1934

Nous n'avons pas besoin de dire une fois de plus ce qu'est Jean Benoit-Lévy. Son œuvre parle mieux que tout ; et, pas à pas, depuis les premiers numéro du Cinéopse, nous avons suivi la marche ascendante de ce pionnier. C'est en effet, dans cette revue qu'il voulut bien, dès ses débuts si méritoires confier ses espoirs et affirmer sa foi. Lors il y avait quelque héroïsme à considérer le cinéma comme autre chose qu'un amusement, à le vouloir utile et à lui croire une mission sociale.

Notre excellent ami portait cette foi, l'affirmant en dépit des obstacles, et laissant, à son étoile le soin de récompenser ses efforts, à l'heure voulue. Cette heure sonna plus tôt qu'on ne l'attendait, en juste consécration d'une œuvre réalisée par un homme de bonne volonté.

 

C'était, naguère encore, une sorte de gageure, un geste d'audace que de travailler aux applications utiles et bienfaisantes de l'écran. Rien n'existait ou presque, hors des films spectatulaires. Le peu de documentaires, les quelques films scientifiques (on s'en tint longtemps à ceux du Dr Doyen), ceux qu'on destinait à l'enseignement, sans beaucoup de souci pédagogique, composaient un bien pauvre bagage, que nul n'osait se risquer d'enrichir.

Aucun encouragement, par ailleurs, et de vagues probabilités dans un avenir incertain. Telle était la situation quand Jean Benoit-Lévy décida de se spécialiser en cette matière, subissant un e vocation irrésistible, avec intention de vaincre en dépit des augures.

 

Ce fut affaire de patience et de labeur, mais aussi de succès complet et jamais démenti. Nous possédions désormais en France le producteur le plus qualifié, le plus compétent des films d'enseignement, d'éducation et de saine propagande sociale. Ainsi, le cinéma français enregistrait une généreuse initiative de plus.

On sait avec quelle activité Jean Benoit-Lévy, conçut et développa son programme. La production exige un volumineux catalogue, de simple énumération. Il a servi de la sorte, les écoles, l'agriculture, l'hygiène, l'enseignement technique, l'orientation professionnelle, la médecine, la chirurgie, figurant, au principal et au premier rang, dans les cinémathèques officielles; il satisfait de même, nombre d'autres institutions ou groupements, s'adressant à sa consciencieuse et habile autorité.

 

Cela ne l'empêche pas d'élargir ses horizons et de justifier avec bonheur ses très particulières conceptions du cinéma, pour des films à projeter dans toutes les salles et à tous les publics. Il en fournit l'éclatante preuve avec La Maternelle, aboutissant de ces émouvantes réalisations qui la précèdèrent: Ames d'enfant, Il était une fois trois amis, et plus récemment, en digne préface: Maternité.

Adorant les enfants, il a plaisir de les connaître à fond et joie de les enseigner, de les défendre, de les faire aimer.

De là, son secret d'établir des films toujours de portée exacte, de solide objectivité, sans jamais rien de banal ; il y a dans sa personnelle façon de traduire en vérité, de la finesse, une continuelle recherche d'agréable, le souci d'intriguer et d'émouvoir. Il va droit au cœur par l'esprit, il éveille l'intelligence par la sensibilité. Peu pénètrent comme lui la valeur et le rôle de l'image, que ce soit pour avertir, enseigner ou documenter scientifiquement.

 

 

Durant quatre mois, avec opérateurs, collaborateurs, interprètes, guides et toute une escorte, Jean Benoit-Lévyvécut au Maroc, d'où il rentre. Il en rapporte cinquante kilomètres de négatif pour une fresque sur ce morceau de la plus grande France. Nous apprendrons par ce film ce qu'est le merveilleux Empire chérifien et l'œuvre de pacifique civilisation accomplie au meilleur profit de tous.

 

Nous n'avons guère obtenu de précisions sur la future bande, non encore sortie du montage. Notre auteur se montre fort discret et laisse de juger à la projection. Toutefois nous avons certitude que ce sera l'événement de la saison prochaine et un fleuron d'éclat à la couronne du cinéma français.

Comme bien on pense, ces grandes réalisations, tout en passionnant le cinéaste, ne l'empêchent pas de mener de pair les films instructifs, éducatifs et scientifiques. Il entend demeurer leur artisan, toujours plus actif.

 

Une imposante liste sera prête fin ces vacances, nous la donnerons avec analyses. Car, il importe, après le Congrès de Rome, d'assurer des films à nos écoles, à l'enseignement à tous les degrés, à la propagande éducative et sociale. La France a privilège, sur ce terrain de n'être dépassée, ni égalée par aucun pays, tant par le nombre, la variété que par la qualité des films, mais on ne chôme pas à létranger pour nous disputer ces avantages. A nous de les maintenir et de les consacrer définitivement. C'est une des préoccupations de Jean Benoit-Lévy, c'est aussi un devoir de l'aider à ce triomphe.

 

 

A chacun son métier et les applaudissements à ceux qui fournissent les preuves de leur métier acquis avec conscience, et toujours pratiqué avec savoir. Le cinéma plus qu'aucune autre industrie se répartit entre des techniciens, et ne s'accomode pas d'improvisations, sauf à en subir discrédit. La production des films d'enseignement et d'éducation relève d'une technique très à part et très difficile, des méthodes et d'oragnisations basées sur l'espérience et adaptées aux divers sujets à imager.

 

Jean Benoit-Lévy peut revendiquer toutes ces références; son œuvre suffit seule à les justifier. Nous lui devions ce juste hommage.

 

Emile Roux-Parassac



Juste hommage par Emile Roux-Parassac in Le Cinéopse, août 1934
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