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L'Invention du cinéma par Jean Benoit-Lévy
Les lois fondamentales par Jean Benoit-Lévy

L'Invention du cinéma par Jean Benoit-Lévy

L'Invention du cinéma par Jean Benoit-Lévy

in Les grandes missions du cinéma, Introduction, éd. Lucien Parizeau et cie, 1945

 

Le cinématographe est certainement le moyen le plus puissant de diffusion de la pensée humaine qui ait été inventée depuis la découverte du caractère d'imprimerie au XVe siècle.

 

Il me semble donc opportun, en manière d'introduction, de tracer un tableau schématique des différentes phases des recherches et découvertes qui ont abouti à la forme actuelle de l'appareil de prise de vues et du projecteur cinématographique.

 

Depuis la préhistoire, les hommes ont cherché à reproduire le mouvement et la vie qui les entourent. L'idée existait donc en puissance et poussait les esprits les plus curieux à la recherche. Successivement, et souvent dans le même temps, les chercheurs des pays les plus éloignés triomphèrent petit à petit des difficultés à surmonter. La qualité du chercheur est naturellement constituée en premier lieu par sa valeur scientifique, mais aussi, et peut-être surtout, par son attitude à saisir les conséquences d'un phénomène qui se produit d'une façon fortuite.

 

C'est parce que le génie de l'inventeur est fait d'imagination et d'intuition qu'il se rapproche du poète et de l'artiste. Il me plaît de tenter ce rapprochement au moment d'évoquer l'histoire d'une invention qui devait donner à l'artiste un nouveau moyen d'expression, dont la portée dépasse peut-être celle de tous les autres.


Les lois fondamentales par Jean Benoit-Lévy

Les lois fondamentales par Jean Benoit-Lévy

in Les grandes missions du cinéma, Chapitre 1, éd. Lucien Parizeau et cie, 1945

 

Les pionniers qui entreprirent de donner l'essor à ce nouveau et puissant véhicule de la pensée humaine ne s'aperçurent pas tout de suite de ses avantages et de ses inconvénients.

 

Il fallut attendre qu'il eût atteint l'âge de l'adolescence pour découvrir qu'il était véritablement un moyen d'expression, qu'il reflétait l'humanité elle-même, jamais ni tout à fait bonne ni tout à fait mauvaise. Du fait que l'image animée possède un pouvoir de fixation immédiat et durable sur l'esprit humain, le cinéma devenait une arme à double tranchant qui pouvait faire beaucoup de mal ou beaucoup de bien, suivant qu'elle était mal ou bien employée.

 

Au début, le cinéma n'était pas un art. Il s'agissait tout simplement d'enregistrer sur la pellicule sensible des scènes de la vie ou des petites saynètes telles que, par exemple, le tout premier film des frères Lumière : L'arrivée du train à La Ciotat, L'entrée des ouvriers à l'usine Lumière, ou les premiers films de Pathé : L'arrivée du train à Vincennes, ou encore le premier film comique de Gaumont : La tête de veau.

 

Il n'y avait dans ces films aucune création personnelle, mais seulement œuvre de photographe. Aucune recherche de composition et rien qui ressemblât à l'expression d'une idée ou d'un sentiment.

 

C'est Méliès, précurseur de tous les auteurs de films, qui apporta vraiment une conception personnelle, une recherche de la mise en scène, à laquelle, en passant, on doit rendre hommage. Méliès, en effet, a été le créateur des bases de la technique cinématographique, sur lesquelles cette dernière repose encore aujourd'hui en partie. Mais les films de Méliès avaient créé du même coup un genre nouveau, qui acheminait le cinéma vers son état d'art adulte, le genre de la féerie et du rêve qui n'a pas été sans influencer plus tard la poésie cinématographique.

 

 



La Déclaration des Devoirs de l’Homme et du Citoyen par Jean Benoit-Lévy
Pour en savoir plus...
Jean Benoit-Lévy, Les grandes missions du cinéma, édition Lucien Parizeau, Montréal, 1945
Marie Epstein, Le patron, tel que je l'ai connu, dans Ecrans du Monde, Vol. 1, décembre 1959

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